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Arnaud Rabier Nowart

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Des peintures préhistoriques à Van Gogh,  Nowart, est en suspension, en dialogue…en conversation…
Une nécessité …pour ces artistes des cavernes… comme pour nous … Un lieu secret. Un endroit sombre et rassurant où ils se refugient et relâchent les gardes de leur survie.… Leur grotte est pour eux, l’ atelier de nos artistes contemporains.
Ils y inventent, y créent, en étudient les parois, découvrent et palpent les aspérités de la roche dans cette pénombre léchée par la flamme du feu de bois. Là, à coup de pigments, ils peignent la vision de leur monde, ils s’expriment…
leurs « Graff » nous parlent toujours …étrangement  nous questionnons toujours leurs œuvres…
Nowart, est un peu…beaucoup…comme eux avec une sensibilité supra-naturelle et instinctive.
Pendant plusieurs années son usine en friche est sa caverne,  son atelier… L’usine est un lieu secret, un lieu sacrée…après avoir palpé les aspérités de la vie dans la grande ville, il s’y réfugie pour y travailler sous les différentes luminosités du jour. Sa peinture sur les parois de l’usine, transcrit son existence et son expérience urbaine.
Il se lâche, il peint, il construit, il filme, il médite…
L’usine désaffectée fut rasée, son atelier disparaît… une page se tourne et Nowart s’extériorise. Des tôles ondulées, un mur, une plage, la rue, la ville, un pays… Le Monde  devient son atelier, l’Humain son inspiration et son nouveau souffle…
Les années passent mais l’esprit de l’usine est bien trop fort pour expirer et laisser  Nowart flâner dans l’espace.
« Le hasard est immobile » et un jour au détour du temps, Nowart découvre une peinture de -son usine- par Van Gogh !
Le choc est profond, en 1887 le maître peignait l’usine de l’extérieur, 100 ans après sa mort, Nowart la peint de l’intérieur !
Sans le savoir, avant, pendant et après la destruction de l’usine, de son atelier, Nowart développe son œuvre en parallèles à la curiosité,  l’esprit et  l’intérêt du maître Vincent !
Modéré… même réservé et pourtant surpassionné, Nowart se lâchent en plantant son œuvre partout dans le monde.
Depuis 2003, il édifie « Fleurs du Monde » un projet artistique et social qui le mène a travailler avec les diverses couches de notre société : prison, centre pour handicapés, quartier difficile de Paris, mais aussi de Soweto, de Santiago du Chili… projet s’élaborant dans un contexte humain intergénérationnel et interculturel.
Le travail de Nowart est parfois pluridisciplinaire: théâtre, musique, film, et projection dans la rue.
Son œuvre prends forme dans la multiplicité des mediums : peintures, son, sculptures, vidéo, infographie 2D et 3D, textes. Tout comme l’artiste lui même, son œuvre continue de s’inventer sans se répéter.
Antoine Guerrero (Ancien directeur des expositions, opérations et artistes au MOMA PS1 et de « Galerie du Jour  Agnès B», actuellement « executive director » de White Box et directeur des Arts Visuels à l’Alliance française à New York).

Extrait du livre « Arnaud Rabier Nowart…Du graffiti à l’art in space. » édité par LVE éditions.