BOUTIQUE3

Les fleurs du Rêve du Dogon ont pleuré. Le BoBo a bobo.

Des voisins, des amis d’amis, sont morts, assassinés là, où nous vivons. Dans un de ces quartiers qui fait l’âme de Paris. Ici, le monde entier vient se promener, s’installer, faire la fête.
C’est un endroit super, un village et une mégapole universelle.

Oui c’est un quartier BOBO. Bourgeois au sens habitant du bourg, urbain, éduqué, tolérant et Bohème comme l’esprit des poètes, des artistes. On trouve de tout, des riches, des pauvres, des noirs des arabes, des juifs, des asiatiques, des hétéros, des homos, des transes, des célibataires, des retraités des chômeurs, des gens du monde entier, de toutes les couleurs, de toutes les origines.

C’est dans ces faubourgs et ces boulevards que s’est écrit la République. Un bel exemple de réussite, pour son histoire, par la diversité de sa population, par son bon vivre.

Par leur simple présence à une terrasse de bar ou dans une salle de concert, toutes les victimes de vendredi portaient les valeurs de la République : liberté égalité et fraternité.

Ce n’est pas un hasard si des barbares illuminés ont choisi ces lieux pour commettre leurs actes de folie. Nos valeurs universelles, celles de la déclaration des droits de l’Homme ne sont pas les leurs.
Ils ne sont d’aucune religion, ce sont les forces obscures de l’humanité.

En sortant du bureau hier soir, dimanche, j’ai eu peur.

Puis en fermant le rideau métallique de l’agence, j’ai regardé autour de moi. Il y avait encore du monde aux terrasses des cafés. La chicha d’à côté, à droite était ouverte, le restau chinois de gauche et le japonais qui lui fait face aussi.
Le boucher du Gers et la quincaillerie du juif libanais avaient comme tous les dimanche le rideau tiré, mais ils seront là demain. Comme le seront aussi le serrurier polonais, mon coiffeur algérien, et les autres restaurants vietnamiens, marocains, italiens, indiens, libanais, portugais, argentins, coréen, thaïlandais, turcs, arménien, grecs, bretons, occitan et j’en oublie.

En passant devant la terrasse d’en Attendant l’Or, j’ai souris devant diversité des gens attablés qui sous des sourires un peu tendus montraient fièrement qu’ils tenaient bon.

Ils m’ont rassuré et donné envie de continuer. Nous sommes le fruit de notre histoire, individuelle et collective. Le présent et l’avenir, nous l’écrivons chaque jour.

Profitons de ces moments terribles, pour continuer à porter nos valeurs.
Nous avons la chance d’accueillir La COP 21. Le monde entier sera présent pour construire l’avenir de la planète. Profitons-en, nous n’avons pas le choix.

Si on veut lutter contre la barbarie, nous devons penser une gouvernance mondiale pour éradiquer la misère et la faim, pour éduquer, pour l’égalité, la liberté et la fraternité.

Nous sommes des grains de sable et de granit, comme les pyramides,
Nous devons gagner.